vendredi 15 juin 2012

Jour 76, 77 & 78 : Lord of the Light

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J76 : Aoraki - Neige !

Debout ! On a va marcher un peu aujourd'hui. On se ravitaille comme on peut, on va voir le DOC (le centre d'information, pas le pote de Marty McFly), on choisit un trajet et c'est parti.





La couverture nuageuse cache les cimes, mais il n'y a pas de vent et il fait bon à cette altitude. On va donc voir un point de vue (enfin, on va voir depuis un point de vue, ce qui est logique), puis on monte un peu dans la montagne pour surélever un peu le regard.

Des blue pools, un beau gosse...

... un autre gosse

Couleur garantie sans ajout !

La moraine...
Eau de parfum, par glacier



En bas, la plaine plate

En haut, le lac gelé


NZ

On est déjà dans la neige et la première partie du chemin s'arrête ici. La suite monte jusqu'à une crête et un refuge par un chemin plus tortueux et plus enneigé. Comme on a quelques heures devant nous avant la nuit, on se dit qu'on peut tenter d'aller voir si c'est praticable. Et ça l'est, on monte dans les traces d'un groupe de trois personnes passées peu avant, en s'enfoncent jusqu'aux genoux. C'est rigolo la neige.

"Allons voir là-haut !"




"C'est beau quand même..."

On arrive vite à quelques encablures de la crête tout en progressant dans les roches et le blanc. Mais le dernière partie s'annonce assez pentue, alors on suit toujours le chemin déjà tracé. Lorsque tout d'un coup, au beau milieu de la pente on s'aperçoit que nous sommes très prêt de la glace, sur une plaque cachée qui recouvre tout le versant sur des kilomètres à la ronde (ou presque, je fais monter la tension). L'ennemi juré du randonneur (avec d'autres) ! Pourtant les pas continuent dans la pente, sans crampon, juste des bâtons. C'est pas une bonne idée ça ! On bifurque pour s'éloigner prudemment de la zone rouge et arriver sur un replat sain et sauf. On est qu'à cent mètres de l'objectif, pourtant on choisit de rebrousser chemin plutôt que de tenter le diable. Il y a trop d'inconnues pour continuer sans matériel.

"Bon, on va voir si c'est praticable."

"Encore un effort..."

"Ah bah, non. C'est gelé !"

"Et pentu !"

Oui ! Il faut savoir où s'arrêter des fois, même s'il est très tentant d'aller faire une connerie. C'est une leçon de vie pour chacun d'entre nous. Héhé.
La descente de quelques dizaines de mètres s'avère lente mais prudente. On fait appelle aux leçons de Bear Grylls, prêts à manger nos intestins en cas de besoin. On trace notre propre chemin en s'éloignant de la plaque de glace cachée sous la neige, et arrivé plus bas on saute en batifolant dans la poudreuse épaisse et salvatrice. Voilà une bonne rando dans les pattes (et 1 000 m de dénivelé).

"Youpi ! On glisse tout en bas !!"

Sinon, rien de spécial aujourd'hui.
Bisous !

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J77 : Aoraki II - Glaçons !

Bon, il fait plus beau ce matin, on va visiter la Hooker Valley (William Shatner ne sera pas au rendez-vous). Une petite rando dans le froid ça réveille toujours son homme. On a la chance d'avoir le Mont Cook en toile de fond et au premier le mur du glacier qui surplombe le lac. Pas la peine d'en dire plus.

Non, nos noms ni sont pas.

Cime du matin...

... avalanche le lendemain.


*Le sondage continue*

L'homme, la montagne, le lac, les icebergs...


Et le Mont Cook...

Quel panache !

Glace I

"C'est froid. J'en frissonne de plaisir."

Glace II

"J'aime pas les lacs gelés !!"

Glace III

"Et le glacier vint mourir au pied de sa longue agonie..."

"Transformé en eau aussi bleue que refroidie..."

"Oui, je suis Miguel le poète !"



Bref, il est temps de partir, on roule pour Methven, non loin du Mont Hutt. Il neige en arrivant de nuit, ça s'annonce bien. Sur la carte c'est un gros point, mais comme partout ici, c'est en réalité une ville de... 1 140 habitants.
La très bonne surprise c'est qu'on y a trouvé le meilleur backpacker qu'on ait eu jusque là, l'Alpenhorn. Il s'agit tout simplement de la maison de personnes qui ont décidé de la transformer en étape pour voyageur. Du salon à la salle de bain, on se sent chez soi et on a bien envie d'y rester.


Et ça picole !

***
J78 : Methven - Repos !

Enfin. C'est mérité quand même.
Bon, en vrai c'est journée travail. Ouais ça arrive, plus souvent que vous le croyez. En fait, le carnet de voyage/blog, les photos, le maquillage, Mig qui passe deux heures dans la salle de bain, voir des trucs de fou... c'est beaucoup de boulot, d'abnégation et d'organisation matérielle. Pour un beau post, c'est en amont de longues heures de débats, des nuits blanches et surtout, surtout, du talent. Aaaaah... c'est pas facile de vous satisfaire !







Par exemple, voici comment ça se passe derrière l'écran. Ou devant, pour nous.
Une fois qu'on a un toit et de la nourriture, et qu'on est propres (enfin ça dépend), c'est séance "triage photos". En vrai, c'est déjà l'étape 3. La 1 étant de prendre de "belles" photos toute le journée (voire la nuit), ce qui est un travail de tous les instants.
L'étape 2 est un peu identique, c'est la "rédaction". Elle se réalise à 99% sur iPod, dans la voiture, le bus, le train, l'avion, le bateau, à pied, à table, au lit, sous la douche... Ce qui prend de cinq minutes à cinq heures par jour.
Mais revenons à nos kiwis (comme on dit ici) et au triage, c'est-à-dire la foire d'empoigne. Car c'est à celui qui défendra le mieux ses propres clichés, qui ironisera de la manière la plus véhémente sur le cadrage d'autrui ("autrui" étant Mig pour moi, et Tatal pour lui) et qui sera le plus hypocrite bien sûr...
"Mais c'est absolument pas net ça !! (Gros noul !)
- Tu rigoles (gros naze) !
- Un singe atteint de la vache folle tremblerait moins sur la banquise !
- Eh... mais c'est la tienne celle-là..."
Bref, quand il ne reste plus que 162 photos sur les quelques cinq cents du jour, eh bien on refait un tri et il en reste à peu près quarante par jour. (Il existe un dossier secret intitulé "Bonus" qui regroupe tous les rebuts et les censurés.)
Puis, c'est l'étape 4. Miguel recadre, retouche, incruste les personnages, créé les décors, tout ça quoi... "L'embellissement", parce que le standing c'est important. 
En 5, j'interviens pour mettre en page textes et photos sur le blog, ce qui fluctue beaucoup en fonction de la connexion. Et après avoir vite fait légendé les illustrations, les yeux rougis, on peut appuyer sur "publier". Enfin, on peut se coucher, le réveil sonne dans deux heures.

Je rigole bien sûr. Miguel dort déjà depuis longtemps.

Je rigole encore. Il ronfle.

Je rigole une fois de plus. C'est moi qui dort.

La belle vie, en somme.


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Et pour remercier de votre fidélité à tout épreuve, voici un beau timelapse :


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Et un paysage à couper le souffle :

(Réalisé sans trucage ;)

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6 commentaires:

  1. La barbe pousse... mais pas les poils sur les fesses en altitude : le bilan est correct.

    Puisqu'on passe au naturisme, laissez-moi vous signaler que la fesse gauche est plus rose que celle de droite . Mais ça reste léger je vous rassure.

    Pour le 1000m de dénivelé, je suis curieuse de savoir combien de temps cela vous a prit pour grimper là haut et de quelle altitude vous êtes partis.
    Je trouve qu'on se la joue de plus en plus aventurier de l'extrême là !
    Si vous avez dépassé les 4000m... chapeau pour le 1000m de dénivelé dans la journée :p
    Mouais j'en doute quand même ;)

    Bon, j'arrête, 1000m ça reste un exploit même si on part de zéro ;)

    Sur ce, bonne grimpette et bravo pour la vidéo, c'est chouette !

    Bizz Amicie

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  2. Merci pour la 2è photo, je reconnais là la spéciale dédicace à tes soeurs photographes! Je sais pas à qui est dédicacée de la dernière en revanche...

    sarah

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  3. Très belles photos (comme d'hab) et très beaux portraits (de face ou de dos).
    Etait-ce l'effet de l'altitude ou bien une envie de faire corps à corps avec dame nature ? ;)

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  4. C'est de toute beauté !! Encore plus que d'habitude !!
    Surtout la dernière photo, le petit lac dans la vallée.....
    Nan sans dec je kiffe les contrastes herbe orange, ciel bleu, eau turquoise (de la Turquie quoi), montagne blanche et sable gris !!
    C'est pas beau de taguer !
    Puis évitez de nous faire culpabiliser genre vous êtes à plaindre, vous avez trop de boulot par notre faute ! Sinon on échange nos place ! :p

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  5. @Amicie : roh, mille mètres c'est pas si terrible, ça dépend du terrain. On a eu des marches puis de la neige, et on a marché toute la journée, on est rentré peu avant la nuit finalement. On est parti de 700 d'altitude et on s'est arrêtés à la glace avant le refuge à 1800. D'où la descente sur les fesses, d'où la couleur rosée... plus à gauche parait-il... (Sinon, le maximum en NZ c'est le Mt Cook à 3 754 m.)
    @Soeur1 : bien vu ! je savais que ça tilterait, c'était l'occasion...
    @Sab : c'était pour te faire plaisir, bien sûr ;)
    @Rom : euh... ne lis pas le commentaire précédent... trop tard, je suppose... sinon, je n'échange pas ma place, mais tu peux venir !! Enfin, si tu supportes Mig aussi bien que moi ;) Bon, c'était de l'humour d'un vendredi soir après des heures devant l'écran... raaaah...

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  6. Pas mal le timelaps ! La prochaine fois fait ajouter le petit cul de Tatal. Ça sera encore plus beau !

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