dimanche 8 juillet 2012

Jour 89, 90 & 91 : L'or du croyant

*
J89 : Les moines de Mandalay

5 heures du mat', on arrive à Mandalay. C'est la cohue.
On a embarqué dans un pick-up pour le centre ville dans le but de trouver une guesthouse. C'est la chose pratique en Asie, on peut arriver n'importe où à n'importe quelle heure.




Une petite sieste plus tard, il était toujours très tôt alors on s'est motorisé jusqu'à Amarapura. Bien sûr, être en motorbike dans le trafic chaotique birman, ce n'est pas super sécuritaire. Bien sûr, on est arrivé indemnes, mais effrayés. Étonnamment à Amarapura il y a des temples et des pagodes. Mais aussi un pont en bois de 1,2 km. 

Ah bah, ça mord pas...







Ah bah, river of Babylon...
(Mauvais jeu de mot.)

Ah bah, ici aussi...



Ah bah, les jeunes...



On est revenu ensuite sur Mandalay la mythique, qui n'est l'est plus vraiment à vrai dire, pour aller voir le gros temple au sud et son interminable colline au nord, mais il faisait bien gris.

Feuille par feuille, il y a maintenant une
couche de 20 cm d'or sur ce bouddha !

La classe ! Hein, le bonze !

Le chien-dragon punk, très célèbre ici.

Sur la route :




Station d'essence locale

 Instant steaks !

 "Toi, tu sors !
- Mais, qu'est-ce que j'ai fais Boubou ?"

"Ta tout repeint en blanc ! Je n'aime que le doré !"

De retour au pied de celle-ci, deux jeunes moines décidèrent de nous guider. Comme beaucoup de moines, ils ne le sont que provisoirement, par exemple pour leurs études, afin de profiter des avantages apporter par la robe safran. Ça explique pourquoi on les voit partout et pourquoi ils sont très intégrés à la vie temporelle. En fait, ce sont des civils en service monastique.
Autant dire qu'on s'est bien marré avec eux, et que rien ne leur fait peur. C'est tout en découvrant les canons bouddhiques (bouddhistes ?) qu'ils nous demandèrent si nous étions "brothers ?", car on se ressemble avec la barbe (il faut savoir que, comme nous à l'inverse, ils confondent tous les Occidentaux). Eh bien, non. Ils demandèrent alors, à tout hasard, si nous n'étions pas "gay friends ?".
...
Non mais franchement, personne ne nous l'avait faite celle-là. (Mais bon, on allait pas se battre, ils connaissent sûrement le kung-fu.)





"Tu vois, j'avais raison sur la strophe 7 239 748 !"

Nuit mandalaise...


**
J90 : Les ruines de Mingun

Pour ne pas faire une overdose pagodesque, ce jour-là on allait essayer de varier les visites.
Nous pûmes commencer par une fabrique de feuille d'or, par exemple. Puis nous nous dirigèrent dans la rue des sculpteurs de Bouddhas, toute blanche des nuages de poussière de marbre.

Miguel perplexe avec son casque.

Période or :




Période marbre :

"Put*** ! Je vois plus rien avec cette
ruche sur la tête, les gars !"

"Il rigole Roger ou quoi..."

"Attendez Monsieur, je vous enlève la tête,
ça ira mieux après..."

Boubou, période j'ai-bien-mangé.

Boubou, période ascète :
il y allait pas de main morte, si j'ose dire.

Il y en a des petits, aussi...

"Bon, un petit coup de bistouri et tout rentrera dans l'ordre..."

"On vous fait les cheveux en brosse ou en boule à l'arrière ?
-Comme d'hab' les gars..."

Boubou se fait astiquer.

"Ben, voilà, ça brille !"

Un peu sans plan, on s'est dit qu'on allait voir à l'embarcadère si on pouvait trouver un bateau pour Mingun. Trop tard, il partait le matin. Mais ce n'est pas ça qui allait nous arrêter. Voilà que l'on repéra quatre Birman chinois qui avaient l'air de négocier un bateau privé. Allez hop, vingt minutes plus tard, nous remontions l'Irrawaddy vers le nord pour accoster de l'autre coté du fleuve.




L'Irrawaddy, fleuve qui traverse tout le pays.

Aung San Suu Kyi est dans la place !



Mingun, c'est une des quatre anciennes capitales des anciens royaumes qui entourent Mandalay (comme Amarapura). Petites aujourd'hui, ils restent dans chacune quelques bribes d'un prestigieux passé. Dans celle-ci, un roi à tenter de construire la plus grande pagode du monde. C'était à la fin du XVIIIème, et au bout de trente ans tout fut abandonné devant l'ampleur de la tache. Sur les 150 mètres qu'elle devait atteindre, les cinquante premiers restent très impressionnants. En plus, il y a un escalier sur le coté ! Sauf qu'il est en briques. Sauf qu'il y a du soleil. Sauf qu'ici tous les temples se visitent pieds nus.
Après de bonnes larmes aux coins des yeux, on est arrivés en haut, accompagnés de deux gosses qui nous sauvèrent de la brûlure au troisième degrés grâce à un astucieux système fait de branches de feuilles vertes. Bien sûr, ils se firent guides en même temps, moyennant petite finance à la fin. Il aurait pourtant été si facile de les balancer de là-haut.
Repus mais dégingandés, nous sommes repartis vers un record mondial. Ça faisait longtemps, non ? Car voici, la plus grosse cloche du monde (en état de sonner). Et ouais... et en plus, on le droit de la faire sonner. Boum.


Des lions géants ?!...

... cassés après le tremblement de terre...

...de 1836 (plus ou moins)

On dirait un éléphant, quand même

Voici le néo-colonialisme, de retour

Le temple, qui ne sera pas le plus grand du monde :

Voici donc le tiers survivant du temple


"Moi parler ta langue étranger...
- Très bien, je te nommerai alors... Vendredi !"


"Toi être un bon indigène. Montre-moi
où vous cachez tout votre or..."

"Quelle belle astuce, jeune Mardi !"

"Et comment on bouge de là, maintenant ?"

"Hum... où est leur or...?
- Je crois, là-bas !"

Miguel perplexe avec son jeune Dimanchedi
(Il savait pas trop comment le nommer...)

"Il faudrait entretenir et déblayer tout ça, jeune Mercredi..."

La plus grosse cloche du monde, en état de sonner :

Yata !


"Oui... leur or est par-là..."

Inside the bell

Boum !

Cette petite fille en est devenue sourde, la pauvre...

"Nan, mais tu sais pas cadrer étranger !"

Interlude fleuri

Couleurs grecques...



La censure ne fait pas son boulot sur ce blog

Oooooohhhh....

Aaaaahhh....

Sympa le stûpa


"Maman, je plane..."

  
Sortie des classes





Retour difficile...

... au port

Le soir venu, on s'installe dans un bar avec le wi-fi, pour voir si vous avez laissé des messages. On aime bien vous suivre sur le blog ! Puis le Doc (celui du bus) nous rejoint pour nous faire brièvement visiter la ville à moto. Avant de devoir repartir, on passe même dans un magasin de DVD rempli de monde et laissez-moi vous dire qu'ils ont tout là-dedans, à commencer par le coffret de toutes les saisons de MacGyver. Et The Artist, bien sûr. Yeah.
Avec tout ça, on a bien mérité un petit indien (le restau, pas l'individu), assis à une table basse sur le trottoir à manger du très bon poulet au curry avec des crêpes comme chez nous ! On finira par demander du sucre pour les manger en dessert... Miam.


Et un marché de plus !

Avec ses étales si pittoresques

Et que ça picole

Et que ça fait de la mobylette

Et que ça vole dans les arbres

Et que ça se douche dans la rue


Panneaux de rues...


Cela augure de la suite...

Embouteillage de deux roues, 
on ne voit ça qu'en Asie

La crêpe indienne !
(A droite sur votre écran...)


***
J91 : Les pagodes de Bagan (I)

Parlons un peu pratique.
Aujourd'hui, on emprunte le bus pour aller à... Bagan ! (Oui, c'est dans le titre, faut faire attention un peu.) Les voyages en bus c'est toujours un peu l'aventure dans ces pays-là (j'aime faire mon néo-colonialiste). A dire vrai, on a de la chance, le bus est confortable, avec la clim' et l'eau fournie. Ce sont les routes qui sont plus drôles... Disons que tout d'un coup on passe de la belle route goudronnée au chemin de terre bringuebalant. Le paysage change vite, on arrive dans une zone aride du centre du pays et les villages sur la route sont loin de la modernité courante. Très loiiiiiiin.

On dirait l'Afrique (enfin j'imagine)

Jeune vendeuse

La route se construit avec l'avancée du bus

C'est beau. Le tourisme (que nous représentons fièrement) n'a pas encore trop touché à cette région. Nous arrivons à Nyaung Oo, juste au nord de l'ensemble archéologique de Bagan, qui fournit hôtels et restos pour routards, et qui est aussi une ville de 50 000 habitants. Mais c'est désert ; imaginez un pays de dictature en saison creuse ! La vraie raison cependant, c'est qu'il fait une chaleur à crever, les habitants ne sortant de chez eux que le soir, ce que l'on découvrira plus tard.
Du coup, on a le choix des guesthouses, on est même souvent accueillis comme des princes. L'avantage c'est que les rares voyageurs se repèrent vite entre eux, ce qui facilitent les contacts. (Et comme souvent les Français sont bien représentés - on se retrouve régulièrement d'hôtel en hôtel.)

Pour bien dormir, on choisit les premiers prix des hôtels. À environ 15 dollars vous pouvez avoir une chambre double avec climatisation parfois. Pour quelques dollars de plus, vous avez la salle de bain privée. En général, c'est une douche dans les toilettes, et vu la chaleur peu importe s'il n'y a pas d'eau chaude.
Pour le manger - très important pour le moral - on trouve de tout bien sûr, à tous les prix. Mais le plus drôle, de temps en temps, ce sont les petites gargotes de rue, où pour moins de 5 000 kyats (5 €) à deux (et avec la bière) vous découvrez la vraie cuisine épicée d'Asie. C'est toujours une surprise mais on peut tomber sur des choses très bonnes, voire intéressantes.
Et parfois, vous le regrettez le lendemain. Et il faut que ce soit dans un bus, bien sûr. Ça peut donner des sueurs froides assurément. Mais les voyageurs rompus à ce genre d'expérience physique que nous sommes devenus ont développé des techniques extrêmes pour parer au mieux à ces attaques bactériologiques et virales.
La recette : aux premiers signes (que l'on reconnait vite en général), deux pilules d'un nettoyeur d'estomac (comme le Nifuroxazide par exemple), suivies de deux cachets de ralentisseur de transit (genre Imodium) et pour finir un complément de flore intestinale (Lactibiane). Le tout à prolonger à chaque repas aussi longtemps que nécessaire, un cachet à la fois. Toutefois, si vos problèmes devaient durer ou s'aggraver avec du sang, des glaires ou des choses qui bougent, vous pouvez préparer votre cercueil sans trop tarder.

Petit nid douillet...

Ceux là sont de toute première qualité !

Bref, revenons à nos pagodes.
Bien installés, il est 15 heures alors on décide de ne pas perdre de temps et d'explorer la zone sur le champ. Ici les touristes n'ont le droit qu'aux vélos. Et pour du vélo, c'est du vieux vélo. Genre ceux que l'on voit que sur des photos en noir et blanc normalement... Sur la route, il fait une chaleur de plomb... que dis-je, une chaleur de lave même ! Non, de fusion nucléaire de l'hydrogène en hélium dans une grosse boule de plasma à 150 millions de kilomètres de la Terre, en fait !




Mais le décor surprend. Il y a des champs partout - ce qui n'est pas exceptionnel en soi, me direz-vous - sur lesquels sont dispersés un, deux, beaucoup de temples et pagodes ! C'est tout plat et on roule jusqu'au vieux Bagan abandonné de ses habitants, en chemin on voit toutes sortes de temples plus ou moins gros. D'ailleurs, on arrive pas toujours à atteindre celui que l'on vise dans ce labyrinthe de chemins de terre, mais on tombe souvent sur quelque chose de surprenant.
Vous vous demandez peut-être si on en arrive pas à l'indigestion d'édifices sacrés ? Eh bien, c'est ce qu'on pensait qu'il arriverait en allant à Bagan. Mais c'est en prenant de la hauteur que le paysage aux deux mille bâtiments dispersés prend toute son ampleur. Ce lieu est comme un immense terrain de jeu archéologique perdu sur une plaine aride au milieu du monde, une folie ancienne en survivance qui émane une ambiance mythique et hors-du-temps.
Ce genre de coucher de soleil est unique (envolée lyrique).

Attention : les images suivantes comportes une dose extrêmement élevée de temples.
Si vous continuez, vous serez les seuls responsables en cas de malaises, 
blessures ou maladies psychiatriques.




Monkey D. Miguel

Les deux Aung San père et fille



















Enfin...


*
Il y aurait pu y avoir des pièges dans le jeu des éléphants blancs, 
tels que compter les sculptures ou les peintures, 
mais même pas... nous n'avons vu finalement aucun pachyderme albinos,
bien qu'ils existent effectivement. Et sont très vénérés.
Une fois n'est pas coutume c'est Aurélie G. qui remporte un magnifique porte-clef 
Aung San Suu Kyi ; objet collector garanti !!

*

6 commentaires:

  1. tatal je veux te violer sur la photo avec le couher de soleil......... Si j'étais hétéro tu te serais déjà fait violer plein de fois par une fille du sud...........
    Migounet pkoi se trou bien placé tu te réveil enfin...........

    RépondreSupprimer
  2. Que dire devant tant de spiritualité... mon âme n'en ressort que meilleure !!! Merci de partager tous ces moments avec nous !

    Bisous

    RépondreSupprimer
  3. Pour information, j'ai pouffé de rire à chaque paragraphe /photo de ce post, ce qui, étant donné mon haut niveau d'exigence en termes d'humour, devrait vous flatter dans les tréfonds de votre âme...
    Allez, à bientôt Miguel D. Kong et Tatal "la Rouflaquette" !
    Merci pour le porte-clef, ça me fait trop plaisir !!!

    PS : vous auriez pu leur dire que vous étiez "gay friends", quand même...

    RépondreSupprimer
  4. Ahahahha.....c'est moche quand même de passer trop de temps entre mecs.....
    Mais je t'en veux pas Miguel, je t'aimerai même si tu es gay !
    J'ai démasqué chapeau de paille !! ^^

    RépondreSupprimer
  5. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  6. (le même moins les fautes... enfin peut être qu'il en reste... mdr)

    Moi je suis plutôt étonnée qu'on vous l'ai pas encore faite ! lol
    Bon en fait je viens de me rendre compte (comme je suis à la bourre) que le jeu concours est déjà fini...
    Bref, les photos sont vraiment magnifiques et tous ces temples éparpillés dans la plaine... c'est comme dans Mariot, on dirait des champignons qui ont poussé par magie. I like it.

    RépondreSupprimer